Ketty Rouf – On ne touche pas

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Mise à nue…

J’ai débuté la rentrée littéraire par une lecture atypique. Un premier roman complètement envoûtant qui aborde la place du sexe dans la société de manière totalement libérée. « On ne touche pas » de Ketty Rouf sort aujourd’hui en librairie et il ne vous laissera certainement pas de marbre !

Joséphine est prof de philo. Dans ce lycée de banlieue sordide où les élèves se fichent de ses cours, elle est prisonnière d’un système au bord de l’asphyxie. Alors elle vient chaque matin sans motivation. Retrouve la salle des profs, son casier, la machine à café, ses collègues, sa classe…mais sans entrain. A quoi bon, elle n’a aucune liberté dans sa profession, tout est bloqué, cadré, interdit.

Alors la nuit, Joséphine devient Rose Lee. Strip-teaseuse dans un club sur les Champs-Elysées. En se mettant nue, elle se met à nue. Elle reprend possession de son corps, de sa vie, de ses envies. Elle prend le contrôle sans qu’on lui impose la marche à suivre. Rose Lee est libre. Rose Lee n’a aucune retenue. A travers ses danses lascives et ses mouvements sexy, elle se sent enfin femme fatale, femme désirée. Elle aime avoir ce pouvoir sur les hommes, savoir qu’elle les domine, qu’elle en fait ce qu’elle veut. Vertige des sens. C’est sa revanche sur la vie et son passé où elle était invisible.

Jusqu’à cette soirée où Joséphine vient perturber Rose Lee, où le jour rattrape la nuit, où la honte souffle sur ce vent de liberté. Le rêve de ses nuits ne va-t-il pas se transformer en cauchemar ?

La plume sensuelle et crue de Ketty Rouf nous embarque dans 2 univers. Le jour et la nuit. La misère, la grisaille de cette vie oppressante. Et cette vie nocturne lumineuse promesse de liberté et de volupté. Ce quotidien au lycée où Joséphine est éteinte et invisible. Ces nuits où Rose Lee danse jusqu’au petit matin, libérée, nue, vivante.

A travers le personnage de Joséphine, l’auteure nous fait prendre conscience d’un système scolaire précaire, honteux, qui tire les élèves vers le bas pour maintenir une ignorance. Une prof passionnée qui n’a même plus l’envie de se battre face à ce mastodonte éducatif, alors qu’elle enseigne une matière si vivante, la philosophie, où la place de la liberté est sans cesse questionnée et étudiée.

Alors on sort la nuit avec Rose Lee, dans un monde mystérieux, caché. Derrière les rideaux de perles des alcoves sombres des clubs parisiens, les corps ondulent et prennent possession de tout. La nuit on s’égare, on se laisse envoûté, on devient une autre. Ou bien devient-on soi, sans limite ni inhibition ? Juste un corps qui ne pense plus. Un corps voluptueux, dont le pouvoir est finalement plus important que des paroles réfléchies.

Ce roman aussi intense que brutal, c’est surtout l’affranchissement d’une femme. L’envie de devenir maîtresse de son corps et de sa vie. La perception que l’on a de soi à travers les yeux des autres. Se sentir belle et désirée.

Mais puisque « vivre c’est faire comme si », ces 2 mondes sont finalement proches : tout n’est qu’illusion. Garder un masque le jour et devenir anonyme la nuit. Une liberté fictive, un leurre de plus dans une vie où chacun tient un rôle comme pour mieux se protéger.

Une sombre réflexion sur la liberté et les limites qu’elle nous fait dépasser pour l’atteindre. Un livre incroyable où la philosophie se mêle à ce jeu sensuel des mots et des corps. Magnifique !

Deborah Feldman – Unorthodox

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Durant le confinement, j’ai eu un énorme coup de cœur pour la mini-série Unorthodox diffusée sur Netflix et merveilleusement interprétée par l’actrice israélienne Shira Haas. Cette fiction est inspirée du récit autobiographique de Deborah Feldman paru en 2012 «Unorthodox – The scandalous rejection of my hasidic roots» et devenu un véritable Best-Seller Outre-Atlantique.

L’histoire d’une jeune femme qui appartient à la communauté hassidique Satmar de New York. Une communauté juive ultra-orthodoxe où les règles strictes ne laissent place à aucune liberté, aucun accès à la culture, où les femmes sont infantilisées.

A 19 ans, prisonnière d’un mariage avec un homme qu’elle connaît à peine, elle décide de s’enfuir…

 

Comme bien souvent quand j’ai adoré une série tirée d’un livre, j’ai eu très envie de découvrir la véritable version de cette histoire fascinante. Hier, j’ai enfin reçu l’exemplaire en anglais déniché sur Ebay !! Je vais vite me plonger dedans et j’espère être autant captivée que par la série. Pour ceux qui sont intéressés, il me semble que la version française doit être publiée cet été.

Connaissez-vous cette série et/ou ce livre ? Qu’en avez-vous pensé ?

Lena Walker – Les Petites Merveilles

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Si comme moi vous avez été baby-sitter durant votre adolescence, voici un roman qui vous replongera dans ces années parfois drôles, parfois laborieuses, parfois pleines d’amour mais qui resteront quoiqu’il en soit inoubliables.

Eva, jeune femme hypersensible de 26 ans, vit depuis toujours dans une loge de concierge avec sa mère Corinne. Très fusionnelles, elles sont certes à l’étroit dans cette cage à oiseau mais Eva y a toujours trouvé un cocon protecteur.

Depuis plusieurs années, elle travaille dans une petite librairie du 5e arrondissement parisien. Mais Marcel, le propriétaire, ne fait rien pour moderniser sa boutique. Les livres prennent la poussière et plus aucun client n’ose franchir la porte…Il est au bord de la faillite et décide à contre-coeur de licencier Eva.

Heureusement qu’Iris, sa meilleure amie, lui dégotte un job de nounou chez les Donadieu, une famille aisée du 5e. La voilà en charge de 3 enfants : Louis, 3 ans, Rose, 5 ans et Arthur 9 ans. Sous leurs airs d’ange, ces petites merveilles vont autant attendrir qu’épuiser Eva. Mais surtout, elle va découvrir que certaines de leurs difficultés cachent des problèmes bien plus graves…

Eva va devoir surmonter plusieurs épreuves en même temps : sauver la librairie de Marcel, aider Louis, Rose et Arthur en manque de leurs parents, soutenir sa mère ainsi que le stress d’Iris en pleins préparatifs de son mariage. Eva va être sur tous les fronts ! Mais elle va surtout retrouver le sourire et tout faire pour transmettre ce bonheur à ces « petites merveilles ».

C’est le 3e roman de Lena Walker mais c’est la première fois que je la lis. Et quelle belle découverte ! Une plume sensible et douce, une touche d’humour. Une histoire agréable et des personnages attachants. Mais ne fiez-vous pas à cette légèreté apparente car Lena Walker aborde des sujets forts et profonds. Le harcèlement scolaire, l’amour maternel et plus précisément ce lien mère-enfants.

Derrière cette façade de famille modèle se cachent bien souvent des failles. Celles de parents trop occupés par leur travail et qui fuient leurs responsabilités familiales. Un équilibre perdu qui crée un mal-être chez ces tout-petits, les privant de tendresse et d’attention à un âge où ils en ont plus que besoin.

Et il y est question du lien mère-fille, parfois très-trop fusionnel, et de ce cordon qu’il faut un jour couper pour voler de ses propres ailes.

Un roman tout en douceur et en tendresse qui m’a permis de revivre avec nostalgie mes années de baby-sitting. Lorsqu’on s’attache à des enfants qui ne sont pas les nôtres. Qu’on les voit évoluer et grandir avec fierté. Et qu’on se dit que notre présence, certes minime, a pu leur apporter l’amour et la présence dont ils avaient besoin à ce moment-là.

Samir – Saccharoses

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Ne vous fiez pas à la douceur acidulée de ce titre, Saccharoses est tout sauf mielleux. C’est acide et corrosif, percutant. Le sexe y est aussi bien fantasmé que consommé et tarifé. La drogue sniffée comme du sucre. Les femmes aussi suaves que des bonbons. Les souvenirs d’un baiser à l’arrière-goût de chewing-gum. L’odeur sucrée de la peau mélangée aux volutes enfumées de cigarette. Les tréfonds de la ville, dans ce métro où se mêlent sueur et parfum enivrant.

3 hommes. 3 destins croisés. Saccharoses c’est ce trio : Bonbon. Sucre. Pop corn.

Qaïs, trader new-yorkais de retour à Paris, expire les souvenirs de son premier baiser en même temps que son suicide. Fou de désir pour une femme, Bonbon, une prostituée, qu’il peine à oublier. Ensorcelé. Pris au piège. Quand amour rime avec amertume.

Il y a aussi cet homme dans le métro, étouffé par sa vie, son mariage, ce quotidien fade avec sa femme et son fils. Alors dans la rame de la ligne 8, il fantasme sur la passagère face à lui. Du sucre dans son café le temps d’un arrêt. Des pensées lubriques grâce auxquelles il s’évade, images de carte postale.

Et cet écrivain qui n’écrit plus. A quoi bon. Où sont les lecteurs ? Alors il regarde des films, tout arrive tout « cru » dans son cerveau. La société est devenue incapable de réfléchir, elle ingurgite des images. Le pop corn, sucré ou salé ? Ca crépite et c’est cinglant.

Samir arrive à citer Lunatic, Verlaine, Solaar ou Hugo dans un même roman. Un éclectisme littéraire d’où émerge une plume poétique, contemporaine, urbaine. Un rap poétique. Une poésie underground. C’est violent, fort. Les phrases tranchent et saignent. Les mots sont hurlés ou chuchotés, de l’âme humaine, des rêves et des fantasmes. Un style subversif, sensuel, sexuel, gourmand. Ce livre est un ovni. On le vit. On le goûte et on le sent. Les sens sont en éveil, en alerte. Malmenés. Car derrière la douceur apparente se cachent une amertume aigre et une rage enfouie. Mais Samir est surtout un magicien, il réussit à nous propulser dans différents moments du récit, sans jamais revenir en arrière. Vous l’aurez compris, ce livre est carrément atypique et addictif. Mystérieux, déstabilisant et envoûtant. Une histoire que l’on déguste encore et encore pour mieux s’imprégner de la beauté du texte. Quel livre ! Magnifique !

Extraits :

« J’ai calé ma respiration sur les lents mouvements de son bassin. Elle sentait les Dragibus. Les noirs. »

« Bonbon m’a fait découvrir des ténèbres autrement plus profondes. Un dédale de barbelés où j’éraflais ma peau. Mes yeux. Où tout devenait érogène et douloureux. Chacune des coupures marquant une terrible leçon. »

Clémence Pessoa – Mystère à la Petite Marquise

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Le confinement prolifique d’une jeune auteure

Clémence Pessoa n’a que 9 ans. Et pourtant, cette jeune tourangelle a tout d’une grande. Elle a profité du confinement pour écrire un roman « Mystère à la Petite Marquise ». Un véritable petit polar inspiré par son quartier avec une enquête rondement menée.

Lorsque Rita Michaux m’a parlé de cette jeune auteure qui n’est qu’en CE2, j’ai été impressionnée. D’autant plus qu’elle a l’âge de mon fils Gabriel. L’imagination des enfants est si débordante qu’ils ont la chance de se laisser guider par leurs idées sans se préoccuper de la forme. Aucune limite, aucune contrainte, des histoires foisonnantes en perspective. Mais il en faut du cran pour publier un roman à cet âge, alors bravo Clémence !! Tu es peut-être la future Claire Favan !

Mystère à la Petite Marquise, c’est l’histoire d’un concours de dessin de Pâques organisé par une boulangerie. C’est l’appât de la gourmandise et le mensonge d’une fillette. C’est une enquête drôle et qui finit bien. Un livre illustré par sa maman Déborah Pavy et publié dans un format accessible aux petits comme aux grands.

Coup de cœur pour cette jeune auteure très prometteuse qui a depuis écrit un nouveau roman « Les mots ont des ailes » ! Plus rien ne l’arrête. A découvrir, à encourager et à partager 😉

Etes-vous aussi épatés que moi par la performance de Clémence ?

 

Aurélie Tramier – Peindre la pluie en couleurs

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J’ai découvert Aurélie Tramier il y a 2 ans avec son premier roman autoédité « Vous reprendrez bien un petit chou ? » qui peignait le quotidien intense et hilarant de mamans overbookées. Une auteure aussi talentueuse qu’adorable. Alors quelle joie d’apprendre qu’elle était éditée cette année pour son second roman. Aurélie m’a donc confié une fois encore la lecture de son nouveau bébé « Peindre la pluie en couleurs », et je peux vous dire qu’il s’agit d’un magnifique coup de cœur !

« Sur le parvis, un rayon sèche mes larmes. Le ciel n’a pas encore fini de pleurer, mais un arc-en-ciel vient peindre la pluie en couleurs. »

Morgane, 35 ans, est directrice de crèche en région parisienne. A première vue, on pourrait penser qu’elle adore les enfants. Sauf qu’elle est célibataire, sans enfant et qu’elle peine à avoir le moindre contact avec eux. Sa seule compagnie : son beagle Snoopy et sa collection de bonsaïs. Au moins, avec ceux-là, pas besoin de changer une couche. Son rêve inavoué : ouvrir une pension canine et quitter ce quotidien morose et gris dans lequel elle s’est enfermée.

Mais tout va basculer lorsque sa sœur et son beau-frère meurent brutalement dans un accident de voiture, laissant derrière eux 2 orphelins : Eliott, 10 ans et Léa, 6 ans. Deux petits bouts dans l’innocence de l’enfance qui doivent du jour au lendemain réussir à vivre avec leur tante vieille fille, pas rigolote et maniaque/psycho-rigide. Et surtout, devoir accepter la perte de leurs parents chéris…

Alors que Morgane peine à devenir une bonne « maman » de substitution, son passé va revenir la hanter, rouvrant des blessures qu’elle pensait avoir surmontées.

Aurélie Tramier nous embarque dans ce roman émouvant, bouleversant, si haut en couleur. Morgane et ses neveux vont tenter de s’apprivoiser, comme dans le livre du Petit Prince. Ils vont réapprendre à être heureux, ensemble. Tendresse, moments de peine, moments de joie, ce livre est une pépite. Mots d’enfants simples et vrais, comme cette phrase qui m’a émue « Tantine, ton parapluie est tout percé, regarde, il pleut sur tes joues ! ».

Ces 3 êtres écorchés vifs vont réapprendre à vivre, à retrouver la joie, à pardonner, à accepter. Une histoire de reconstruction, de résilience, portée par l’amour, le vrai, celui qui vient instinctivement, du plus profond du cœur. Un amour pur qui répare toutes les blessures. Et parce qu’après la pluie vient toujours le soleil, il faut continuer à y croire et mettre des arcs-en-ciel dans sa vie.

Aurélie Tramier a une plume pleine d’émotion, elle réussit à nous mettre les larmes aux yeux puis à nous faire rire. Cette maman a le don d’écrire avec le cœur, en mettant toute une palette de sentiments dans ses mots grâce à son vécu et une sensibilité si rare.

Une auteure que je suis fière de suivre depuis le début, qui a cru en ses rêves, comme ses personnages, et qui aujourd’hui a réalisé ce que tout auteur espère un jour : voir son livre publié et porté par le public. Bravo Aurélie !!!

Lucinda Riley – Les sept soeurs – Tome 1

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Si vous aimez les sagas, l’été est la saison idéale pour sortir ces pavés de votre bibliothèque. La Saga des Sept Sœurs est un petit chef d’œuvre imaginé par la prêtresse de l’amour, Lucinda Riley. Embarquez au Brésil pour ce 1er Tome riche en aventures et en rebondissements, mais surtout où l’amour tient le rôle principal.

A la mort de leur père adoptif Pa Salt, un mystérieux milliardaire au grand cœur, Maia et ses 5 sœurs reviennent à Atlantis, la somptueuse demeure de leur enfance, sur les bords du lac de Genève. Elles ont toutes été adoptées aux 4 coins du monde mais ne connaissent pas leurs origines. Ce retour en Suisse est l’occasion de découvrir les indices que Pa Salt leur a légués à chacune. Des coordonnées géographiques, une lettre et un objet.

Pour Maia, traductrice de 32 ans, que plus rien ne retient à Atlantis, c’est le point de départ d’une quête de soi et d’un voyage qui la mèneront sur les plages de sable blanc de Rio au Brésil.

Maia va y découvrir l’histoire de ses ancêtres, et plus particulièrement celle d’Izabela, dite Bel. Un voyage dans le passé, en 1928, à Rio, sur les traces de sa famille.

Bel, fille unique d’un riche immigrant, est promise à Gustavo, l’héritier d’une famille noble brésilienne. Ce mariage arrangé et sans amour s’apprête à être célébré en grandes pompes. Mais avant le jour J, Bel va accompagner durant plusieurs mois en Europe sa meilleure amie Maria Elisa, fille de l’ingénieur Heitor da Silva Costa, qui planche inlassablement sur un projet fou : la construction d’une statue du Christ au sommet du Corcovado.

Les Sept sœurs est le 1er tome de la Saga éponyme de Lucinda Riley qui a eu un immense succès avec plus de 20 millions de lecteurs dans le monde. Cette histoire est incroyable. Elle m’a totalement transportée par la beauté des mots, par cette atmosphère brésilienne envoûtante et festive. J’ai été émerveillée par cette histoire d’amour impossible et pourtant si puissante. Et ce personnage de Bel, cette jeune fille brimée par les traditions de l’époque, obligée de se plier aux exigences de son père, contrainte d’épouser un homme qu’elle n’aime pas, mais surtout dont le destin va dépendre de choix irréversibles. J’ai lu ces 512 pages avec le cœur qui palpite, submergée par l’émotion. Ce livre est également l’occasion de nous faire découvrir un pan d’histoire du Brésil, en mêlant des personnages réels à la fiction. Si vous aimez les romances, les amours intenses d’une époque surannée, les secrets de famille, cette série est faite pour vous ! Tout simplement somptueux et addictif !!

Pascale Rault-Delmas – Un enfant à tout prix

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Isabelle est hôtesse de l’air sur le prestigieux Concorde. Sa vie de célibataire se résume à ses allers-retours entre Paris et New-York. Un rythme instable qui l’empêche de se poser avec un homme. Sa vie sentimentale est depuis réduite à néant. Mais lorsqu’elle rencontre dans l’avion Andrew, ce bel américain, c’est le coup de foudre. Il va remettre en question toutes ses certitudes. Très vite, Isabelle va accepter le fort désir de paternité d’Andrew alors que de son côté, elle n’a jamais ressenti l’envie d’avoir un enfant. Cela fait 4 ans qu’elle n’a plus ses règles, aucune ovulation, et son corps malmené par les horaires décalés refuse d’y accueillir un bébé…

Commence alors pour Isabelle des sacrifices et des renoncements : quitter son poste qu’elle aimait tant, consulter un spécialiste de la fertilité, mesurer sa température quotidiennement pour détecter une ovulation, prendre un traitement lourd à heures fixes. Toutes ces épreuves, elle le fait uniquement par amour pour Andrew. Mais Isabelle va devoir supporter seule ce parcours du combattant, Andrew préférant se terrer dans le déni, ne voyant en elle qu’un simple corps prêt à enfanter. Un combat en solitaire difficile alors qu’un enfant se fait à 2.

Pascale Rault-Delmas écrit un émouvant roman sur cette quête de parentalité. Avoir un enfant à tout prix…Oui mais à quel prix ? A travers le destin croisé de 4 personnages, on suit avec douleur et émotion ce parcours semé d’embuches. Ces étapes longues et compliquées qui soudent un couple ou le détruisent. Une vie sacrifiée dans l’unique but de devenir parents, espérer ce bonheur d’être 3. Quand le désir d’enfant se transforme en obsession, au point de perdre la raison, de frôler la folie, au point de perdre le goût de vivre, au point de ne plus s’aimer comme avant. Ne devenir qu’un ventre. N’avoir des rapports sexuels que dans le but de procréer. Une mécanique de reproduction qui annihile tout sentiment. Pulvérisant le couple et ses espoirs.

Pascale Rault-Delmas joue avec nos nerfs en faisant tout basculer à cause de petits évènements malchanceux. D’un rien tout s’effondre. On oscille entre espoir et désespoir au rythme de ces rebondissements. Entre mauvais timing, coups de folie, actes irréversibles et culpabilité, la vie est faite de « et si » et le destin ne tient qu’à un minuscule fil.

Néanmoins, j’ai juste un petit bémol : certaines scènes m’ont paru improbables. Je n’en dirai pas plus pour ne pas dévoiler le déroulement de l’histoire, mais j’avoue que des situations invraisemblables et des comportements parfois démesurés ont enlevé de la magie à ce texte pourtant si fort. Cela reste malgré tout une très belle lecture qui nous fait prendre conscience que dans la vie il faut toujours croire en ses rêves. Mais pour y arriver il ne faut pas se détruire, il ne faut pas y sacrifier sa vie.

Une magnifique histoire qui nous bouleverse et nous touche. Nous fait aimer et pleurer, espérer et déchanter. Mais surtout un récit puissant qui a chamboulé mon cœur de femme, mon cœur de maman. Un beau moment d’émotion qui vous mettra les larmes aux yeux !

Bertrand Jullien-Nogarède – La seconde moitié de mon coeur

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Il y a déjà 2 ans, je vous parlais du premier roman de Bertrand Jullien-Nogarède « La première fois que j’ai été deux ». Dans « La seconde moitié de mon cœur », j’ai enfin découvert la suite des aventures du couple le plus Rock ’N’ Roll de leur génération, Karen et Tom.

On les retrouve 2 ans après…mais séparés. Karen a quitté Tom quelques mois auparavant en lui promettant de se retrouver dans 8 ans. De longues années qui leur auraient permis chacun de leur côté de se consacrer à leurs projets personnels et professionnels. Karen est étudiante à Paris. Tom est une rock star à Londres. Il vient de sortir un album qui cartonne déjà et dont le titre « Picture of Karen » vient rappeler qu’il ne l’a pas oubliée et qu’elle est encore sa muse. Suite à ce succès fulgurant, Tom s’apprête à partir en tournée à travers le monde avec son groupe Albion.

C’est le roman de la maturité pour Karen, on est bien loin de l’adolescente peu sûre d’elle et réservée du Tome 1. Karen est devenue une jeune femme indépendante, sûre de ses choix et qui ose. Elle va enfin arrêter d’avoir peur, suivra son cœur et tentera de nouvelles expériences. Au fil des pages, elle en apprendra plus sur elle-même et verra la vie différemment.

On y découvre de nouveaux personnages : Julia, l’étudiante infirmière bienveillante et pleine d’empathie. Diane, une vieille femme dynamique et fleur bleue. On retrouve Jonathan, le meilleur ami de Karen, qui arrive enfin à tourner la page après les terribles évènements avec Mélanie.

Musique, amour, amitié. Des personnages toujours aussi tendres et attachants et un univers rock-rétro que Bertrand Jullien-Nogarède manie à la perfection. Une jolie romance young adult sur fond de rock des années 60 et de culture mods anglaise. Du quartier latin parisien aux camps humanitaires en Afrique en passant par les scènes de rock londoniennes, on suit nos 2 personnages devenus adultes. L’histoire d’un premier amour d’adolescence qui se transforme en une relation romantique et forte. Une lecture plaisir parfaite pour cet été.

Debbie Macomber – Le bon coté de la vie

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Encore un roman que vous pourrez glisser dans votre PAL estivale : Le bon côté de la vie. Retrouvailles, règlements de compte, amour et amitié, voici le cocktail parfait pour passer un agréable moment dans cette jolie maison d’hôtes à Cedar Cove ! Et cerise sur le gâteau, vous pourrez même lire mon avis en 4ème de couverture !!

 

Jo Marie, 35 ans, est veuve depuis que son mari, militaire américain, est décédé brutalement en Afghanistan quelques années plus tôt. Pour panser ses blessures et affronter la solitude, pour recommencer une nouvelle vie, elle a ouvert une maison d’hôtes dans la petite ville paisible de Cedar Cove. Au fil des ans, elle s’est liée d’amitié avec Mark, son voisin et homme à tout faire. Mais les sentiments de Mark sont plus profonds qu’elle ne le pensait et ce dernier vient de lui avouer qu’il est amoureux d’elle…

Dans le même temps, Jo Marie va accueillir à la maison d’hôtes Katie et Coco, 2 amies venues participer aux retrouvailles de leur lycée, 10 ans après. Le retour à Cedar Cove s’avère douloureux pour les 2 jeunes femmes dont le passé ici-même leur a à chacune laissé des blessures encore vives. Elles vont profiter de ce week-end entre vieux camarades pour régler leur compte. Elles espèrent faire une croix sur ce passé pour enfin aller de l’avant. Katie a hâte de revoir James, son premier amour qu’elle aime encore et dont la rupture a été une terrible épreuve. Coco, quant à elle, attend avec impatience depuis toutes ces années d’affronter Ryan, le Dom Juan du lycée qui lui avait brisé le cœur et l’avait humiliée…

Vont-elles réussir à faire une croix sur ces amours de lycée ou au contraire retomber sous le charme ? Que leur réserve ce week-end dans la ville de leur adolescence ?

Le 4e tome de la série Retour à Cedar Cove est un véritable petit bonbon. Si comme moi vous découvrez pour la première fois Debbie Macomber, pas d’inquiétude car chaque tome se lit indépendamment, tout en maintenant un fil conducteur dont l’auteure nous rappelle l’essentiel au fil des pages.

Le roman est composé de 2 histoires en parallèle : celle de Jo Marie et Mark et celle de Katie et Coco. J’ai eu un véritable coup de cœur pour l’histoire de ces 2 amies au cœur brisé qui viennent affronter leur passé. J’ai eu l’impression d’être plongée dans l’une des séries américaines de mon adolescence, à ces fêtes de retrouvailles post-lycée. L’amour sera bien évidemment au rendez-vous, mais je ne vous en dis pas plus car suivre Katie et Coco à Cedar Cove est un pur bonheur que je vous laisse découvrir !

J’ai par contre beaucoup moins accroché à l’histoire de Jo Marie. Je n’avais encore jamais lu cette série mais je n’ai pas réussi à m’attacher à son personnage et à sa relation avec Mark. J’ai trouvé que leur histoire manquait d’une petite étincelle, de profondeur. Quel dommage car le passé et la personnalité de Jo Marie auraient pu permettre une histoire à la hauteur de cette femme aussi courageuse que bienveillante.

C’est un livre qui nous donne une belle leçon de vie : Il est bon d’aller de l’avant, mettre son passé de côté et enfin rouvrir son cœur sans avoir peur de le blesser à nouveau. Mais attention à ne pas le faire trop tard !