Béatrice Courtot – La promesse de l’oasis

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J’avais déjà eu l’occasion de lire Béatrice Courtot mais dans un registre axé développement personnel avec « Vise le soleil sans te brûler les ailes ». Grâce à l’aventure des lectrices Charleston, j’ai pu découvrir La promesse de l’oasis.

2018, Paris. Nour vient d’apprendre que son grand-père Daniel est hospitalisé et plongé dans un coma artificiel suite à un infarctus. Nour est bouleversée car Daniel est comme son père. Il l’a élevée depuis la mort de ses parents alors qu’elle n’était qu’un bébé. Dans le bureau de son grand-père, Nour tombe sur une mystérieuse calligraphie arabe signée d’une hirondelle, la même signature qu’utilisait Mamani sa grand-mère décédée 14 ans plus tôt.

Pourquoi son grand-père a-t-il eu son attaque après avoir reçu cette calligraphie ? Qui lui a envoyée ? Nour va enquêter sur l’histoire de ses grands-parents et ainsi suivre leur trace jusqu’en Algérie.

Car Daniel est un pied-noir, un Français d’Algérie. Nous voici en 1954, à Mostaganem, alors que l’Algérie était une colonie française. Daniel, sa petite sœur Mimi et ses parents Jacques et Eugénie vivent dans une jolie maison blanche sous la douceur du climat méditerranéen. Les français et les musulmans d’Algérie cohabitent en parfaite harmonie comme des frères. Mais de l’amour à la haine il n’y a qu’un pas, et peu à peu le climat devient dangereux, les attentats terroristes deviennent quotidiens, les indépendantistes derrière le FLN veulent retrouver leur liberté, s’abolir du joug français. C’est à cette époque que Daniel rencontre Asma, une magnifique algérienne à la peau mate et aux yeux couleur de miel. Tous deux sont étudiants en botanique à l’Université d’Alger. Leur amour est une évidence, malgré les interdits, malgré la guerre qui commence alors…

Béatrice Courtot nous transporte en Algérie dans les années 50. Dans la douceur de vivre de cette petite ville algérienne, aux maisons blanches baignées de soleil, aux odeurs d’épices, d’aromates du jardin, de pâtisseries au miel et d’air iodé de la Méditerranée. Les descriptions, l’atmosphère, sont si détaillées, presque réelles, que nous voyageons littéralement à l’évocation de ce décor d’une autre époque, d’un temps où l’Algérie était française, avant la guerre et ses drames. C’est justement un pan d’histoire que je connaissais peu que l’auteure m’a permis de découvrir. Le personnage de Nour, cette jeune femme issue de pieds-noirs et de musulmans d’Algérie, symbolise cette fraternité qui existait bel et bien. Les points de vue des différents protagonistes sont ici abordés sans jamais prendre parti, en toute neutralité, chaque « camp » ayant souffert pour des raisons bien différentes.

Mais ce roman est avant-tout pour Béatrice Courtot un livre très personnel, lié à son histoire, au passé de sa grand-mère née en Algérie. Un beau tableau, peut-être idéalisé et avec quelques longueurs, de cette Algérie des années 50 mais c’est ce qu’elle retiendra des mots de sa Manou à elle : ce paradis perdu, fui définitivement et dont la cicatrice, pour tous ces pieds-noirs revenus malgré eux en France, restera à jamais présente.

Un livre écrit avec le cœur, aussi intime qu’émouvant. Une plongée historique dans cette famille de pieds-noirs, durant la guerre d’Algérie, lorsque la douceur orientale a laissé place aux bains de sang. Laissez-vous envoûter par l’atmosphère épicée des ruelles de Mostaganem, par la chaleur du soleil, par cette histoire d’amour interdite entre Daniel et Asma. 2 cœurs unis malgré la guerre, malgré les religions. Un magnifique hymne à l’amour, à la fraternité et à la paix. Et surtout un bel hommage à l’Algérie, beauté orientale, terre de soleil et de doux souvenirs mélancoliques.

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