Harold Cobert – Belle-Amie

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«Tant qu’on monte, on regarde le sommet, et on se sent heureux ; mais lorsqu’on arrive en haut, on aperçoit tout d’un coup la descente, et la fin qui n’est que la mort. Ça va lentement quand on monte, mais ça va vite quand on descend.» Guy de Maupassant, Bel-Ami

Le chef d’œuvre Bel-Ami de Maupassant est un classique du genre. Un roman qui met en scène l’ascension social de Georges Duroy, ce jeune normand ambitieux, qui grâce aux femmes est parvenu à se hisser dans la haute bourgeoisie parisienne.

Avec Belle-Amie, Harold Cobert nous propose ici une suite à Bel-Ami. Dix ans se sont écoulés depuis son mariage avec la riche Suzanne en l’Eglise de la Madeleine. Devenu rédacteur en chef du journal La Vie française, il se fait dorénavant appeler Georges Du Roy de Cantel. Encore au début de son ascension, il convoite le Palais Bourbon et brigue un mandat de député. Toujours aussi méprisant, arrogant et fier, Georges est dévoré par ce sentiment de toute-puissance. Et dans une France au climat antisémite et antirépublicain, il va profiter de la collusion d’intérêts entre la presse, la politique et la finance pour se hisser au sommet.

Dans cette « suite », Georges ne se servira plus seulement des femmes comme marche pieds, mais usera de sa position de député pour s’enrichir et espérer atteindre les plus hautes sphères du pouvoir. Pour servir ses propres intérêts, il trompera ses amis, sa famille. Il profitera de cette atmosphère crapuleuse, de ce monde hypocrite où chacun se sert de l’autre pour jouer un jeu de dupes. Sur fond de souscription publique pour la construction du Canal du Nicaragua, Georges va être mêlé à de la corruption, des pots de vin, des négociations souterraines, des mensonges, des manipulations. Tous les moyens sont bons pour qu’il arrive enfin au sommet. Mais jusqu’où ira-t’il pour atteindre le pouvoir ?

Je vous préviens, ce livre se dévore !!! J’ai adoré détester Georges. Et bizarrement, on est aussi obligé d’aimer cet anti-héros à la limite de la folie, sans foi ni loi et sans scrupule. Oui, étonnamment, j’ai presque eu envie de voir Georges s’en sortir.

Pour ceux qui n’auraient jamais lu Bel-Ami, vous serez bien entendu lapidés en place publique…non, je plaisante, cela arrive à tout le monde, même aux meilleurs !!! Donc pas de panique, car Belle-Amie peut se lire indépendamment de l’œuvre classique. Harold Cobert nous rappelle en effet le contexte au fil des pages si nécessaire.

Ce roman contemporain est digne d’un chef d’œuvre classique. L’illusion est parfaite car j’ai eu l’impression de lire du Maupassant. Un pari osé et relevé haut la main par un auteur qui manie la plume classique comme les maîtres littéraires du XIXème siècle. Une histoire criante de réalisme qui nous rappellerait presque les magouilles politico-financières d’aujourd’hui. Bravo !

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