Florence Besson – Toucher terre

« Il y a un autre monde mais il est dans celui-ci », Paul Eluard

Florence Besson était parisienne et journaliste dans l’un des plus grands magazines féminins, ELLE. Sa vie, comme beaucoup de femmes d’aujourd’hui, était axée sur la consommation, acheter encore et toujours plus, des choses inutiles, futiles, frivoles, pour être à la pointe de la mode, pour paraître plus que pour être. Avec son compagnon, elle avait une belle vie, matériellement belle, mais si insipide. De par son métier, elle participait à des soirées prestigieuses et interviewait les plus grandes stars. Mais est-ce que tout cela avait un sens ?

Florence culpabilise, prend conscience qu’il est temps d’arrêter de maltraiter notre monde, réalise que le bonheur ne se trouve pas dans les objets. Aujourd’hui, on ne se donne plus aucun mal : « une vie ouatée, sourde et muette, empaquetée dans du coton avec écrit dessus « fragile », ça vous tient à distance, le monde disparaît, il devient : une jolie toile de fond pour un selfie ».
Elle vivait dans l’ignorance, ou plutôt dans le déni : tout le monde sait qu’il faut sauver notre planète mais il est plus facile de fermer les yeux face aux catastrophes écologiques.

Dorénavant, elle veut vivre au rythme de la terre, ne plus la dévaster mais la respecter. Vivre à la campagne entourée d’animaux. Elle décide alors de changer de vie et s’inscrit au BPREA (brevet professionnel pour devenir responsable d’une exploitation agricole). Elle va passer quelques semaines dans une exploitation dans les Alpes. Là, au contact des vaches, les pieds dans la boue, les mains dans la terre, elle découvre la dureté du métier, les difficultés liées aux aléas climatiques, les veaux arrachés à leur mère, l’abattoir. La réalité est dure mais elle aime ca, et plutôt que de fuir, elle veut rester et affronter les épreuves, vivre cette histoire pleinement. Car au-delà des difficultés, c’est une véritable révélation pour elle. La nature, trésor inépuisable, l’envahit, monte en elle telle de la sève et lui transmet sa force. « Parce que quand on est dans la nature, c’est une émotion, plus qu’une connaissance, ça vous rentre par tous les pores, tout le corps n’est qu’un sens qui saisit cela (…) On comprend sans mots qu’il faut mourir et renaître »
Elle s’éveille au monde, s’étonne, s’émerveille. Elle ne veut plus se contenter de relater les évènements en tant que journaliste, elle veut trouver des solutions, participer, bousculer, agir. C’est décidé, après son brevet elle ouvrira une ferme pédagogique. « Offrir cette chance aux gens de retrouver leurs mains (…) Avec les mains on saisit, on comprend toujours mieux. Ils pourraient se rend compte que la nature est fragile et magnifique, qu’ils peuvent y apporter leur sel, leur grain de beauté. ». Un magnifique projet pourtant semé d’embuches…

Lorsque son ami Guillaume Robert apprend qu’elle s’apprête à passer le BPREA, il lui propose immédiatement de faire de ce changement de vie un livre. Un livre témoignage, un récit initiatique, qui serait passeur d’espoir. Les mots sont simples, rythmés par la douceur qui émane de Florence, bercés par la nature, dictés par le coeur. Avec beaucoup d’humilité et de sensibilité, elle nous livre ce cheminement : de la prise de conscience à la dure réalité du métier. Des doutes aux certitudes. De la ville à la campagne. Des boutiques de luxe aux étables alpines. Il en ressort une émotion vraie, sincère, sans faux-semblant. Florence Besson se livre en toute transparence. Je ne peux que saluer son courage et sa force mentale. Dans une société égoïste, tournée vers son nombril, elle fait partie de ces « colibris », ces personnes dont les actions, les idées, font évoluer notre monde, petit à petit. Elle nous apprend à nous reconnecter à la terre, au moment présent, pour vivre en pleine conscience. « Je suis là ! Je n’ai jamais senti cela si profondément, si intensément, ma présence. Je suis en vie. Un rien une poussière mais là. A cet instant. En même temps que la Lune. Là autant que le Soleil. Que la planète Terre. Là tout pareil. »
Etre heureux plutôt que de courir après le bonheur. Etre enfin libre. « Se nourrir avec de la terre une graine de l’eau et du soleil. Et Vivre. Vraiment. Vivre ».

Un livre émouvant qui vous transmettra toute sa force et son intensité. Un rayon de soleil qui redonne un sens à la vie, la vraie vie.

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