Audrey Tordelli et Joseph Agostini – Gainsbourg sur le divan

 

Imaginez Serge Gainsbourg allongé sur le divan d’un psy. Quand on connaît le personnage atypique, on ne peut que s’attendre à une introspection originale.

Dans ce livre, « Gainsbourg sur le divan », essai biographique, Audrey Tordelli ose parler à la place de Serge Gainsbourg, en hommage à cet homme, véritable tourbillon emblématique. Avec ce « je » de Gainsbourg, elle s’épanche sur son enfance, ses amours tumultueux, sa carrière. Face à ces confessions, le psychanalyste Joseph Agostini tente une analyse des névroses de l’artiste. « Ceci n’est ni une pipe ni la psychanalyse de Gainsbourg. Ceci est une promenade freudienne entre les mots d’esprit d’un serial rockeur à la tête de chou ».

Né Lucien Ginsburg en 1928 de parents juifs russes, il connaîtra la guerre, l’exil et l’étoile jaune. Cette étoile de shérif comme il la nommait enfant. Il change de nom pour mieux se cacher, fuir les nazis, Lucien Guimbard, le shérif du Limousin, dorénavant c’est lui.

Son âme d’artiste le pousse vers la peinture. Mais à 30 ans, sur un coup de folie, il brûle toutes ses toiles et décide de se consacrer à la musique. La chanson c’est facile. Alors en 1958 il décide de prendre un nom de scène : c’est la naissance de Serge Gainsbourg.

Avec ses talents de compositeur, il écrit pour des femmes, ses muses, ses objets, marionnettes qu’il peut contrôler, « misogyne pervers ». Juliette Gréco, Brigitte Bardot, Jane Birkin, Bambou. Le Lucien timide au physique ingrat prend une belle revanche en s’affichant avec les plus belles femmes de l’époque.

Ses paroles ont l’influence poétique de Boris Vian. Il aime jouer avec les mots, sait y introduire un cynisme savamment dosé. Il écrit des chansons en quelques heures après une nuit d’amour.

En 1980, Gainsbarre, cet être violent, insolent, choquant, démon insomniaque, accro à la cigarette et à l’alcool prend possession de Gainsbourg. Il aime alors flirter avec la mort pour se sentir plus vivant. Dépasser les limites et jouer avec les interdits est devenu sa drogue, son adrénaline.

Jusqu’à ce 2 mars 1991, où il est retrouvé mort, nu, dans son appartement de la rue de Verneuil. Nu, comme pour effacer ces personnages qui lui ont collé à la peau durant toute sa vie. Nu, comme une nouvelle naissance, mais dans la mort cette fois.

Un récit passionnant sur cet homme aux multiples facettes. Une mise en exergue de l’équivoque gainsbourienne comme on en a rarement lue. Tout au long du livre, des paroles de ses chansons viennent illustrer cette vie qu’il consumait par les 2 bouts. Dans ses textes, il dévoilait son histoire, ses sentiments, son âme, se mettait à nu. Gainsbourg, artiste au sens large, de peintre à poète, compositeur, parolier, interprète. Une belle redécouverte intime de l’homme et de l’artiste qui enchantera les inconditionnels de Gainsbourg.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s