Julie Giordano et Martine Ferré – Les coquelicots

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Lorsque j’ai lu Julie Giordano pour la première fois l’année dernière avec son roman autoédité « Le parfum de l’avenir », j’ai immédiatement été touchée par sa plume emplie de sensibilité et de bienveillance, par sa capacité à transmettre les émotions sur le papier.

Cette fois, Julie s’attaque non pas à de la fiction mais à un témoignage, une histoire vraie. Celle de Martine. Cette enseignante presque retraitée a tout de suite senti qu’elle pouvait se confier à elle, qu’elle saurait retranscrire parfaitement sa vie. C’était le bon moment pour parler librement et avec courage de cette existence semée d’épreuves…

Martine a grandi sans amour maternel, délaissée par cette mère qui n‘était qu’une simple génitrice. Très liée avec son frère, livrés à eux-mêmes dès le plus jeune âge, ils ont vite appris à se débrouiller seuls et à avoir recours au système D. Mais l’horreur, l’indicible, Martine va le vivre avec son grand-père. Cet homme qui lui a volé son enfance. Et alors que tout le monde connaissait la vérité, le calvaire a malgré tout continué jusqu’à son adolescence…

Ces épreuves, Martine a réussi à les laisser derrière elle. Toute sa vie elle a tenté de se reconstruire malgré ces blessures. Elle a décidé d’être heureuse et d’être une boulimique de vie : accepter de vivre avec ses démons, rire, jouer, s’amuser, récupérer cette enfance qu’elle n’a pas eue. Grâce à ses enfants et son métier d’enseignante, Martine a trouvé un sens à sa vie. Elle a découvert qu’elle pouvait transmettre de l’amour et être mère sans jamais l’avoir connu.

Ce témoignage est un bouleversant récit sur la résilience qui redonne espoir en la vie. Martine nous prouve que nous sommes tous capables de surmonter les épreuves, que nous pouvons nous en sortir et aller de l’avant malgré ce passé. Relever la tête, ne plus avoir honte, car Martine est une victime, malheureusement non-reconnue comme telle.

Julie Giordano réussit avec douceur à transmettre ce que Martine avait au fond du coeur. Malgré l’horreur, malgré la dureté de certains passages, Julie raconte cette vie avec sa propre sensibilité. Ses mots viennent panser ceux de Martine, et alors que Julie écrit cette histoire qui n’est pas la sienne, il apparaît aussi une part de sa propre vie. Une véritable osmose s’est créée entre ces 2 femmes. Un texte fort, émouvant, nécessaire pour témoigner de ces souffrances que vivent beaucoup de personnes. Ecrire ce qui était caché, inavoué. Oser témoigner comme un dernier souffle qui vient clore ce passé douloureux. Magnifique !

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