Romain Herb – Jamais d’eux sans toi

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« Il n’y a pas d’amour sans souffrance », c’est le constat amer qu’établissait Pierre Reverdy en 1927 dans Le gant de crin. Le lien entre l’amour et la douleur, rapport indéfectible si souvent abordé par les écrivains, sujet inlassablement repris par les auteurs romantiques. C’est justement ce thème qu’a choisi d’explorer Romain Herb dans son premier roman autoédité « Jamais d’eux sans toi », savoureux mélange de roman initiatique, de confessions et d’histoire d’amour.

J’ai été bouleversée par ce texte si particulier, original en tout point. Par sa forme atypique, aucun chapitre, une vie écrite d’un seul élan. Un seul battement de coeur. Un choix assumé qui augmente l’intensité de la confession. Tel un patient sur le divan d’un psy, il lance ce mea-culpa à qui voudra bien l’entendre, le lire.

Cet homme, dont le corps est insensible à la douleur depuis la naissance, se confie au lecteur et relate ses expériences sentimentales. Ses coups de foudre. Ses échecs amoureux. Les trahisons. Et la découverte de la douleur, pas celle du corps, mais celle du coeur. A tel point qu’il sera difficile pour lui de créer une différenciation entre amour et douleur. Les blessures amoureuses dont les cicatrices s’effacent doucement, resteront à jamais gravées en lui. Souvenirs indélébiles de ces femmes qu’il a tant aimées. Virgile disait que « La blessure vit au fond du coeur », ce roman en est la parfaite illustration.

Je me suis laissé transporter par la plume sensible et poétique de Romain Herb. J’ai été émue par son personnage qui est à la fois victime et « bourreau » mais auquel on s’attache tendrement. Par cette naïveté des sentiments, presque enfantine car dans la découverte et dans un perpétuel apprentissage. Par ce texte confession, où le narrateur a eu le courage d’assumer ses erreurs et pris le recul nécessaire pour tirer des leçons de ses échecs amoureux. Un homme qui laisse parler son coeur à défaut de ressentir les maux/mots de son corps. Je ne peux d’ailleurs m’empêcher de faire un parallèle avec Boys de Pierre Théobald, dont les écrits font la part belle à la sensibilité masculine, nous plonge dans le « cœur des hommes ».

J’ai eu la chance de rencontrer Romain Herb il y a quelques jours au Fox Coffee de Metz où il était venu présenter son roman. L’auteur est aussi touchant que le personnage de son livre. On sent la passion et la force qui l’animent et qui l’ont poussé à écrire cette belle histoire en partie autobiographique. Ses mots viennent du coeur et à la lecture de son « bébé » je ne peux que le confirmer. Romain a bien voulu répondre à mes questions, je vous invite donc à découvrir son interview dans mon prochain post ! Un auteur à suivre, c’est une évidence.

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