Isabelle Mayault – Une longue nuit mexicaine

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Dans le cadre du Coup de cœur des lectrices Version Femina de mars, j’ai reçu le premier roman d’Isabelle Mayault, « Une longue nuit mexicaine ». Ce livre, paru le 7 février dernier, s’inspire librement de l’affaire de la Valise mexicaine, l’incroyable histoire de cette valise, ou plutôt de ces 3 petites boîtes, redécouvertes en 2007, 70 ans après leur disparition. Cette valise contenait 4500 négatifs de la guerre civile espagnole prises entre 1936 et 1939 par les célèbres et premiers photographes de guerre Robert Capa, Gerda Taro et David Seymour dit « Chim ».

Suite à la mort de sa cousine Greta dans un accident de voiture, Luca, aussi appelé Jamon, hérite d’une valise. Cette fameuse valise dont il avait déjà entendu parlée enfant car elle appartenait à sa tante Maria. Cette valise qui contient des milliers de négatifs de la guerre d’Espagne…

Mais cet héritage va devenir un fardeau pour Luca. Troublé, apeuré, ne sachant que faire, il hésite dans un premier temps à s’en débarrasser avant d’y renoncer et d’accepter de garder ce legs au lourd symbole. Le garder précieusement caché au fond d’un placard. Car ces images du passé sont synonymes d’atrocités de l’autre côté de l’Atlantique. Dans cette Europe en pleine effervescence, dans cette Espagne où s’affrontent nationalistes et républicains, où la guerre asphyxie les populations.

Comment ces clichés pris en Europe se sont-ils retrouvés au Mexique dans sa famille ? Cette valise a une histoire, et de nombreux propriétaires avant lui. Luca va donc remonter le fil des évènements et reconstituer ce puzzle improbable, semé de secrets. C’est en découvrant les origines et le périple de cette valise qu’il saura s’il doit révéler au monde l’existence de ces photos ou les garder cachées. Un choix compliqué dont lui seul, « gardien de la valise », aura la responsabilité.

Au fil des pages, on remonte dans le temps et on rencontre les propriétaires successifs, les liens entre eux, leur histoire, et pourquoi ils ont dû chacun léguer cette valise. A travers les portraits romancés de ces personnages incroyables, Isabelle Mayault dresse une fresque historique d’une Espagne ravagée par les révoltes. Malgré l’atmosphère chaotique et les risques encourus, Capa, Taro et Chim ont osé photographier avec courage et sensibilité ces combats et ainsi permis de transmettre un témoignage iconographique sans précédent.

Isabelle Mayault a réussi un formidable travail de recherches historiques et d’investigations sur cette affaire mystérieuse et sur le contexte de cette période trouble. Un roman qui se lit avec intérêt, mettant en lumière l’héroïsme de ces photographes de guerre et le parcours rocambolesque de ces clichés. Des photographes aux propriétaires successifs, chacun a dû faire des choix pour sauver ces photos. Une épopée dont je me suis délectée et à laquelle je donne incontestablement un avis positif pour le « coup de cœur des lectrices ».

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