Hélène de Montaigu – Confidences d’une emmerdeuse

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Zénaïde est la petite dernière d’une fratrie de 6 enfants. Baptisée l’emmerdeuse par sa famille, elle est en effet le vilain petit canard. Devenue adulte, elle essaie alors de comprendre pourquoi elle s’est toujours retrouvée seule face à ses frères et sœurs.

En lisant, on discerne mieux le problème : au sein de cette famille bourgeoise catholique, Zénaïde est arrivée par accident, née sur le tard, alors que ses parents étaient âgés et que la fratrie était déjà nombreuse, soudée et unie. Dans ce milieu aux vieilles traditions, on voue un culte aux hommes, les femmes étant juste bonnes à rester à la maison pour élever les enfants. Un machisme fièrement assumé. Mais c’est surtout la froideur des sentiments qui brusque, l’amour que l’on n’ose donner à ses enfants. Zénaïde a ainsi vécu entourée d’une mère avare de « je t’aime » et de grands frères autoritaires.

Hélène de Montaigu écrit une histoire très personnelle où l’on suit la vie de Zénaïde, cette femme dont le caractère dénote. De nature extravertie et joviale, elle ne se laisse pas marcher sur les pieds et dit tout haut ce qu’elle pense. Au fil des pages, elle analyse cette place au sein de la fratrie qu’elle a toujours eu du mal à trouver. Ses relations avec ses frères et sœurs, entre amour, jalousie, hypocrisie et animosité. Sa mère qui fut l’échec sentimental de sa vie. Et puis sa rencontre avec Georges, cet homme avec qui elle fondera une famille et qui lui redonnera espoir en une vie familiale heureuse…Malgré le point-noir de sa belle-famille qui ressemblera à s’y méprendre à la sienne. Mais surtout, les masques tomberont quand il sera question d’héritages, d’argent : petits comptes d’apothicaire et autres coups bas viendront anéantir tout espoir de souder cette famille. Une famille qui ne sera qu’affrontements entre clans sur fond de sourires et de convenances. L’apparence pour mieux faire illusion.

Mêlant humour et mélancolie, Hélène de Montaigu nous plonge dans la vie de famille, la vraie, telle qu’elle est derrière les faux-semblants, loin de la photo idyllique et tendre affichée fièrement sur la cheminée. Sous une plume agréable, joyeuse et pleine d’énergie, raconté sur le ton de la confidence, on ressent toute la souffrance et les déceptions qu’a vécues Zénaïde. Un joli roman familial qui fait réfléchir sur la place de chacun au sein d’une fratrie. Il est évident qu’on ne choisit pas sa famille et Zénaïde en fait l’amère expérience.

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