David Allouche – La Kippa bleue

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Une quête existentielle

La kippa bleue, c’est cette kippa en velours bleu roi brodée d’étoiles argentées à l’entrée des synagogues. Cette kippa prévue pour ceux qui viennent prier « à l’improviste ». Ceux pour qui la prière est un choix.

Pour Sasha Cohen, la prière est malheureusement devenue un devoir. A 17 ans, ce jeune marseillais issu d’une famille juive séfarade pratiquante vit dans un monde totalement tourné vers le Judaïsme. Il a toujours été scolarisé dans une école juive. Son père souhaite qu’il devienne rabbin. Sa vie est rythmée par les fêtes religieuses et les prières. Un héritage familial devenu une camisole aux yeux de ce jeune rêveur.

C’est lors de sa bar-mitsvah, au moment de lire la Torah, qu’il a ce trou noir, plus aucun son ne sort de sa bouche, il est incapable de nommer le nom de Dieu. Depuis ce jour, il ne croit plus en Dieu et a décidé de l’annoncer à son père le jour du Kippour, le jour du Grand Pardon.

Sasha profite du prétexte d’un salon étudiant à Paris pour passer une semaine dans la Ville Lumière, seul, loin de sa famille. Prendre le recul et le temps nécessaire à la réflexion. Sur la façon de l’expliquer à son père. C’est enfin la liberté retrouvée, loin du carcan familial devenu trop oppressant. Car Sasha est un artiste, un photographe, en quête perpétuelle d’inspiration.

Lors d’une visite au Centre Pompidou, il va tomber sous le charme de Carla, une étudiante en philosophie, déjantée, sûre d’elle, libre. Leur rencontre va chambouler Sasha. Carla va non seulement devenir sa muse, son amour, mais par sa maturité va lui ouvrir les yeux sur son avenir : « Deviens ce que tu es, vis en expérimentant ». Derrière ce rejet de la religion se cache surtout pour ce jeune homme une vraie quête identitaire et existentielle.

Dans son premier roman, David Allouche aborde le sujet fort de la religion. Fort, mais surtout sensible car de l’ordre de la sphère privée, la foi étant propre à chacun. Sasha, avec ses yeux d’adolescent, est le symbole d’un modernisme religieux, de la volonté d’exercer sa religion comme bon lui semble. La vision archaïque qu’il a du Judaïsme l’empêche de croire en Dieu. Mais tourner le dos à la religion signifierait également tourner le dos à sa vie et à sa famille. C’est donc une émancipation familiale et religieuse à laquelle aspire Sasha. La symbolique de l’annonce à son père est puissante, comme une explication à Dieu, le Père.

Quel sera finalement le choix de Sasha ? Est-ce que cette quête identitaire et les révélations de son père le feront revenir sur sa décision ?

On suit Sasha à travers ses pensées, ses réflexions et aussi sa fougue d’adolescent. C’est tout à la fois philosophique et frais. Sensible et romantique. Symbolique et artistique. Une magnifique révélation littéraire et existentielle. Un sujet très/trop vaste qui aurait peut-être mérité une fin un peu moins abrupte.

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