Mona Azzam – Dans le Silence des Mots Chuchotés (Il est cri…)

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Dans le Silence des Mots Chuchotés, recueil de 3 nouvelles, 3 poèmes en prose : Deci delà, Le calepin de Notre Dame, Il est cri.

Mona Azzam nous plonge dans un monde poétique, fait de couleurs et d’odeurs, de rythmes, où les mots sont l’histoire. Dans la préface du livre, Jean-Michel Delacomptée explique « Mais annoncer en quoi consiste l’histoire revient à la clore, car le thème des mots suffit à la définir tout entière : il s’agit, dans Le Silence des Mots Chuchotés, de révéler ce que seule la poésie exprime. »

• Dans « Deci delà », on est transporté en Afrique, terre d’origine de Malicia « douce et mystérieuse », « insaisissable ». Des mots sensuels, au goût acidulé, la senteur de cette terre ocre, une errance à travers ces paysages et ces bruits où tout lui rappelle Malicia.

« Malicia…l’intensité des instants dégustés goulument, à l’instar d’une mangue juteuse et acidulée. »

« Malicia l’Africaine, avide de soleil, buvant dans la source des rayons lumineux, la vie et le bonheur qu’elle déposait, précieuse offrande, sur mes paupières mi-closes ».

• Dans « Le calepin de Notre-Dame », nous voyageons à Paris, un même lieu, le parvis de Notre-Dame et 2 époques : 1831 et 2031, une rencontre entre une jeune femme et un vieil homme, un calepin. Une histoire révélée, recueillie telle une offrande, la fuite, un homme, Beyrouth et ses parfums de fleur d’oranger et de jasmin.

« Je n’ai goût à rien. L’appétit s’en est resté là-bas, là où je ne suis plus. Là où je l’ai laissé, lui, corps reposant sous terre, à l’ombre d’un cèdre millénaire. »

« Tu le retrouveras, le goût. On finit toujours par le retrouver. Ce n’est pas tout à fait le même; c’est un goût différent mais qui parvient, au bout des jours, à éveiller nos papilles, de nouveau ».

• Dans « Il est cri », un homme erre dans une ville, qui est-il ? Un fou ? Personne ne le sait, pas même lui. Mais il est là, toujours présent. Il pleure comme il pleut sur la Terre, il sourit quand le soleil réapparaît. C’est l’histoire du commencement, du mot, de la vie. Un incroyable poème philosophique.

« La Terre a soudain parlé. Il lui a appris les mots.

Et la Terre est devenue Ecriture.

Et les rues sont devenues livres.

Et le rêve est devenu véhicule.

Alors le monde est devenu poésie.

Et sur ses ailes il a couché le monde.

Et il s’est endormi. »

Un recueil que l’on écoute telle une berceuse, que l’on imagine bigarré d’une multitude de couleurs, que l’on respire, que l’on chante, que l’on vit. C’est une poésie vivante, palpable, enchanteresse. Mona Azzam a réussi à m’émerveiller et à me faire voyager par les mots.

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