Sylvia Rozelier – Douce

douce

« Des deux, je ne saurais dire qui était le plus fou. Toi dont la mauvaise foi me paraissait atteindre un niveau pathologique ou moi, déjà incapable de rompre durablement un lien qui m’était devenu nocif. Qui m’était blessure. »

Douce… ou la déshumanisation de cette jeune femme évoquée par ce simple adjectif. Douce…. assujettie par son « loup », ce prédateur, pervers narcissique. Douce… devenue proie, prisonnière des griffes de cet homme manipulateur, autoritaire, mystérieux.

Ce livre, c’est l’exutoire de Douce après cette histoire de huit années : un roman rédigé telle une lettre que Douce écrirait à son ex-bourreau, « toi » « tu », pour mieux le dominer dorénavant et lui faire comprendre ce qu’elle a subi.

Sylvia Rozelier nous décrit avec une plume précise, cinglante et toujours poétique, la descente aux enfers de Douce, des débuts d’une jolie histoire à la fuite, l’angoisse et la volonté de renaître. Douce, victime de cette histoire d’amour passionnelle, obsessionnelle, destructrice, toxique. Quand la passion tourne à la folie. Quand l’amour n’est que douleur.

Il était sa drogue dont elle ne pouvait se sevrer. Elle connaissait pourtant ses mensonges, ou tentait de ne pas y croire. Il avait toujours réponse à tout. Cet homme à la double vie. Cet homme qui même acculé, ne trouvait comme moyen que l’attaque : ne jamais reconnaître ses torts, les autres sont toujours fautifs. Elle n’arrivait pas à le quitter, ou juste quelques temps, puis elle revenait à lui, comme aimantée, aveuglée, condamnée.

Douce a fini par s’isoler du monde, de ses amis, de sa propre vie, asphyxiée par cet amour oppressant, malsain. Elle était devenue vide, cet amour fusionnel l’avait anéantie. Seule la fuite pourrait la libérer de cette emprise, mais en serait-elle capable ?

Ce livre m’a émue aux larmes, retourné le ventre, pris aux tripes… Douce c’est finalement l’incarnation de l’amour destructeur. J’avais envie de lui crier : « pars, tu es libre, il est encore temps ! ». Mais le lecteur va réaliser au fil des pages que Douce était prise au piège dès le début, un piège dont elle savait elle-même ne pouvoir en sortir. On assiste alors, impuissant, à cette terrible souffrance, cette agonie amoureuse. Un livre coup de poing dont on ne ressort pas indemne.

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