Bertrand Jullien-Nogarède – La première fois que j’ai été deux

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Ce roman pour adolescent est le premier livre de Bertrand Jullien-Nogarède. Il nous transporte dans le quotidien de Karen Traban, jeune lycéenne de 17 ans vivant en banlieue parisienne. Sa vie se résume à sa mère bibliothécaire, dépressive et mère-célibataire, et à sa meilleure amie Mélanie, qui enchaîne les conquêtes amoureuses sur fond de conflits parentaux. Son quotidien bien calme et rangé va être bouleversé par l’arrivée d’un nouveau dans sa classe : Tom Darcy, un franco-anglais qui vient de perdre son père et qui a dû suivre sa mère en France bien malgré lui. Ce garçon va totalement chambouler Karen, qui va connaître grâce à lui la passion dévorante d’un premier amour. Sur fond de rock anglais, ce livre nous emmène jusqu’à Londres et nous fait (re)découvrir les débuts d’une belle relation amoureuse. Ce roman aborde avec délicatesse le besoin fusionnel de l’autre, cette impression de ne faire qu’un ou plutôt de devenir « deux », mais aussi les interrogations sur l’avenir du couple. Karen, malgré son jeune âge, est une adolescente très mature qui s’empêche de vivre pleinement son bonheur au jour le jour par peur du lendemain. Elle tient de son histoire familiale (élevée sans père) une appréhension de l’amour et un énorme manque de confiance en la gente masculine. Son pessimisme contraste avec l’amour plus « instinctif » que lui porte Tom.

Sans en dire plus sur la fin du livre, les derniers chapitres sont également un hommage à l’amitié qui peut se révéler être aussi fort que l’amour. C’est une belle leçon d’existence que nous offre Bertrand Jullien-Nogarède : la vie est devant nous, il faut la vivre comme bon nous semble.

J’ai beaucoup aimé ce roman, léger dans son évocation des premiers émois et intense dans la question des différentes relations : héritage familiale, souvenirs, amour, amitié. Bien que visant de jeunes lecteurs, ce livre saura emporter n’importe quel public dans ce tourbillon de la vie.

Citation :

« C’était d’ailleurs la source de tous mes doutes. Je m’y connaissais si peu en hommes que je m’en méfiais bien au-delà du raisonnable. Plus je sentais le bonheur que me  procurait cette histoire, plus ma méfiance grandissait. Non pas à l’égard de Tom d’ailleurs, mais envers l’histoire elle-même. La vie est ainsi faite qu’elle a peu à voir avec l’avenir et beaucoup avec le passé. »

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