Le rapport au temps….autant de pistes de réponses

philosophie magazine

Je n’ai pas encore eu l’occasion de vous parler de mon autre passion, la philosophie. J’avais brièvement abordé la question d’Epicure suite à la lecture du livre de Marie Robert (@philosophyissexy) « Kant tu ne sais plus quoi faire ». C’est d’ailleurs après avoir lu ce superbe livre que j’ai voulu ressortir mes bons vieux bouquins de philo, délaissés depuis mes années prépa.

Mon amour de la philosophie venait de se réveiller. L’envie d’analyser la vie sous différents aspects était réapparue en même temps que je comprenais que les anciens préceptes philosophiques pouvaient y répondre.

Dimanche dernier, je tombai par hasard sur un post instagram d’Eric Metzger (@metzgereric75) qui citait une analyse sur « l’accélération » du sociologue et philosophe allemand Hartmut Rosa : « Alors que l’accélération aurait dû libérer du temps libre et ralentir la pression temporelle (..) nous sommes en situation de « famine temporelle », stressés et pressés par le temps ». Je découvris alors plusieurs articles sur Hartmut Rosa qui expliquaient parfaitement ce paradoxe entre le temps que nous économisions grâce aux accélérations techniques, sociales et existentielles et cette terrible impression de justement toujours plus manquer de temps.

Mon interrogation sur le rapport au temps venait de commencer son cheminement, quand hier, l’un de mes collègues me parla d’un article de David Graeber intitulé « A propos des métiers à la con ! ». C’est par ces quelques lignes d’un dur constat que David Graeber amorce la question du temps perdu au travail « inutile » : « En 1930, John Maynard Keynes avait prédit que d’ici la fin du siècle, les technologies seraient suffisamment avancées pour que des pays comme le Royaume-Uni ou les États-Unis mettent en place une semaine de travail de 15 heures. Tout laisse à penser qu’il avait raison. En termes technologiques, nous en sommes tout à fait capables. Et pourtant cela n’est pas arrivé. Au contraire, la technologie a été mobilisée dans le but de trouver des moyens de nous faire travailler plus. Pour cela, des emplois effectivement inutiles, ont dû être créés. »

Cet après-midi, quelle coïncidence lorsque je découvris le titre du dernier Philosophie magazine :  « A quelle vitesse voulons-nous vivre ? ». L’un des articles « le rythme des sages », mettait en parallèle les préceptes de Lao-Tseu à Deleuze (« La vitesse c’est être pris dans un devenir »), en passant par Epicure ou Senèque (« Un travail sans arrêt brise l’élan de l’esprit, il reprendra de ses forces en se détendant »).

Sans rentrer dans une analyse plus détaillée, le rapport au temps est un sujet que l’on pourrait traiter sous différents aspects : philosophique, sociologique, économique et écologique. Sur ce dernier point, je pense bien entendu au philosophe-agriculteur Pierre Rabhi qui lui aborde ce rapport au temps en l’associant de manière inévitable au rapport à la nature et au vivant dans son livre « La convergence des consciences ». C’est en faisant son jardin qu’il arrive à se reconnecter à une temporalité (cycles des saisons, etc…), sa respiration arrive à lui redonner la vraie cadence de la vie.

Rapport au temps et lecture : c’est par l’insoutenable constat que nous manquons cruellement de temps pour lire que je vais continuer à me pencher sur la question. Car après tout, la philosophie est bien là pour ouvrir sur de nouvelles questions et non pas pour donner des réponses exhaustives.

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